Respect

Le respect, c'est un impératif. Respect des institutions, respect des lois et des règles du commerce, respect de la hiérarchie. Et puis il faut respecter l'autre. Respecter ses aînés, respecter la différence. Mais le respect va dans tous les sens, on l'oublie souvent. Les institutions doivent respecter l'homme qu'elles sont censées servir, tout comme les lois, le commerce. La hiérarchie doit respecter l'esprit de son mandat, et être justifiée par son objectif. Les aînés doivent respecter les cadets, et les cadets les aînés. Le respect se mérite, en quelque sorte.
Sauf que le respect ne s'exprimer pas pareil dans tous les sens : l'autre EST différent. Que respecte-t-on de la jeunesse ? Son besoin de recherche, sa construction. Elle fait des expériences pour trouver qui elle est et où elle veut aller, à partir de la lourde hérédité de son éducation. Que respecte-t-on dans la maturité ? Les solutions trouvées, les choses vécues. Car elles ont forgé, au travers d'un chemin qui n'est semblable à aucun autre, une personnalité.
Sais-tu respecter ? Apprends-tu à voir les besoins de reconnaissance ?
Pourtant le respect ne veut pas dire non-ingérence. L'ingérence c'est la vie sociale, c'est l'échange, c'est tout ce que l'on apporte, avec ou sans succès, dans ce jeu de l'interrelation que nous jouons. Rien, ni personne, n'est parfait, mais surtout rien, ni personne, ne vit sans mouvement.


Expérience

Pour l'embauche on nous demande de l'expérience, en amour on parle d'expérience, tout ça est bien technique. Mais on utilise encore expérience pour parler de ce que l'on a vécu, de ce que l'on connaît, et ça c'est déjà largement plus flou. Ca ne rentre pas dans une petite case. Veux-tu me connaître pour mon expérience ?
L'expérience grave les choses dans notre esprit, l'écoute les y accueille. Doit-on tout vivre pour tout comprendre ? Nous avons de l'imagination, et nous savons faire des rapprochements et des comparaisons pour prendre l'empreinte imparfaite d'un vécu, en l'entourant. Nous sert-elle cette empreinte ? Si l'on s'y fie, on peut vouloir prévenir l'expérience qui l'a laissée chez l'autre, ou la rechercher. Mais s'y fie-t-on ? Souvent on recommence ce qu'on avait pourtant entendu, parfois on doit passer par là pour arriver de l'autre côté.
« Mais je t'avais prévenu !! Pourquoi tu ne m'as pas écouté ? » J'avais besoin de tomber, maman, pour mieux me relever. L'expérience ne se prête pas, elle se dit. Seul l'autre sait s'il peut utiliser cette parole ou s'il doit flirter avec la réalité pour qu'elle s'incruste et le transforme. Laissons l'autre vivre ce qu'il doit, nos paroles ont plus de valeur lorsqu'elles sont gratuites.


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