Illusion

La lune n'était pas visible dans la nuit tombée sur le monde, mais le halo des éclairages laissait admirer, sur tout l'intérieur du cloître, des volutes de fumée disparates, qui semblaient naître de la vie végétale qu'elles couvaient. En ce lieu pour un soir évoluaient des créatures d'outre-monde, immatérielles, surnaturelles, masquées aux sens des hommes. Mais le chat, lui, savait. Son territoire investi de non-apparences, il guettait tout mouvement, toute manifestation, s'ingéniait à percer les mystères pour, peut-être, s'introduire dans l'intimité de cet univers fascinant. L'écharpe de brume ondulait, ses gouttes si fines subtilement assemblées et désassemblées ; derrière cette distraction, le félin dût retrouver les temps anciens, temps où son espèce participait à l'illusion magnifique au voile subliminal, car de ses errements aux frontières du tangible ne revint que son ombre ; au petit matin, elle suivait des sentiers qui n'étaient pas tracés, pourchassait de petites choses volantes qui n'étaient nullement dans notre ciel ; l'illusion, sans aucun doute, était notre monde qu'il avait quitté.

Retour