« Je veux être utile », se dit-elle.


- Tu as besoin d’aide, ami ?
...
- Mais oui, je sais que l’amitié ne se décide pas, elle se ressent, et pour cela doit naître et se construire. Mais déjà je ressens quelque chose pourtant. Instinct maternel ? Projection sur toi ? Qu’importe, je sens et je veux t’aider. Laisse-moi entrer dans ton intimité, baisse tes barrières, je ne te veux pas de mal. Et je deviendrai ton amie.
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- Non, non, ne t’inquiète pas, je sais que je ne peux pas faire les choses à ta place, mais je te guiderai vers des chemins nouveaux. Il te faut trouver ta lumière pour aimer la vie, il te faut trouver tes envies pour être toi-même et donner aux autres.
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- Quoi ? Tu attends un miracle ? Tu veux que tout te tombe du ciel ? Mais ça ne marche pas comme ça ! Allez viens, fais l’effort avec moi. Oublie qui tu crois être, construis qui tu dois être.
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- Ah, tu ne sais pas ? Positif, voilà ce que tu dois être. Pour pouvoir construire, pour pouvoir donner. Tu verras, tout ira bien, si tu peux prendre ce que la vie donne et l’utiliser au mieux. Comme le moche et le beau qui t’habitent, le moche et le beau de la vie t’apprennent toujours si tu sais tout prendre.
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- Oui, il se peut que trop de moche s’accumule et que tu ne puisses plus, tout seul. Mais ça n’arrivera pas : il faut croire. Si tu crois, tu auras de la chance. La chance aime ceux qui aiment la vie.
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- Illusion ? Peut-être. Mais certains croient en Dieu, et ça les aide bien. Pourquoi ne pas croire en la vie ? Le jour où elle montre un visage vraiment trop insupportable, parce qu’on ne sait plus encaisser, plus digérer, il sera toujours temps de ne plus croire, et de chercher une autre solution.
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- Oui, oui, tu as raison, mieux vaut prendre des précautions, des garanties contre les mauvais aléas. Se protéger par avance, mais s’il-te-plaît, ne t’encroûte pas. Les barrières, à quoi ça sert ? Plutôt des habitudes de prudence, plutôt être fort de connaître ce que l’on veut, ce que l’on est, sans honte à le rester en toute circonstance, selon sa conscience.
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- Rester souple ? Etre ouvert ? Mais bien sûr ! Etre soi ne veut pas dire être rigide, bien au contraire ! Ce sont les rôles qui contraignent, les fausses images qu’il faut défendre avec les dents et les poings de peur qu’elles se dissolvent, nous laissant nus, sans défense, exposé aux autres et à nous-mêmes...
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- Ah, ce que je dis ne t’aide pas beaucoup, c’est vrai que la raison ne peut rien aux sentiments. Je comprends, tu te sens trop embourbé dans ton impasse, tu ne sais pas de quoi elle est faite, l’énergie et la volonté te manquent pour en sortir si facilement. D’accord, d’accord, mais parle-moi alors. Qu’est-ce qui te bloque, quelles sont tes peurs ? Que s’est-il passé dans ton histoire ?
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- Oui, oui, je comprends : là, ça, j’ai vécu la même chose. Tu as raison, ce sont les gens qui ne tournent pas rond. Chut, chut... Ne pleure pas, ce n’est pas toi, il faut que les gens comprennent, il le faut... Ils ne te feront plus mal alors.


« Hé ! Mais que lui as-tu dit ?! Les gens ne changeront pas non ! Même pleins de bonnes intentions, ils ne peuvent voir et comprendre du premier coup pour ne pas même frôler la blessure. Folle ! tu l’as conforté dans sa faiblesse, alors qu’il doit se panser pour ne plus souffrir. Tu pensais l’engager dans la résolution de tous ses problèmes, tu n’as pas vu qu’est problème tout ce qui l’empêche de répondre aux éléments extérieurs sans être agressé. Tu ne voulais pas prendre ses problèmes sur ton dos, tu as pris pourtant la responsabilité de sa guérison car tu es devenue la référence, le soutien. Tu lui as même promis ton amitié, alors que ton intérêt ne durera que le temps pour lui d’emprunter la voie des solutions. Et finalement : quelle est la valeur de ce que tu donnes, lorsque tu ne lui permets même pas, à lui, de t’aider et se sentir utile vis-à-vis de toi ? Ce qui t’est le plus précieux, tu lui dénies... Ah ! Aider ! Si seulement déjà je savais m’aider... »


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