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* La CB, par analogie à la CB des routiers, est le lieu de discussion de CompuServe, un réseau privé.
C'est le soir, on tente d'ouvrir la boîte aux lettres, espérant se laisser surprendre par quelque(s) courrier(s). En définitive, comme si souvent, nous ne nous laissons surprendre que par ce petit pincement qui nous saisit devant l'absence de ce qu'on s'était pourtant bien décidé à ne pas attendre. Bon, il ne nous reste plus qu'à passer à autre chose. Or, n'est-ce-pas, nous sommes encore connectés ! Pourquoi ne pas aller consulter sur la CB la liste des personnes présentes ? Quelques-unes en particulier. Car on aime bien savoir l'autre accessible, et, oui, se rappeler à sa conscience. Juste un petit bonjour, attention ! Mais... tiens ! Voilà une demi-heure de passée déjà. Et qui arrive, justement ? Non, vraiment, je ne peux pas partir comme ça. Et qu'est-ce qu'il y a, une fois l'ordinateur éteint ? Rien que son lit, l'inconscience du sommeil; bref, la porte du lendemain. De ce lendemain qui s'appelle aussi journée de travail. Alors pense-tu ! Chaparder encore quelques minutes par-ci, quelques minutes par-là, ce n'est pas ce qui nous mettra dans l'embarras ! Et pourtant... Le moment fatidique de la déconnexion doit bien venir un jour. Alors la conscience, et un léger sentiment de bravoure héroïque, nous fait préparer la sortie, lançant dans cette fenêtre, puis dans cette autre, un... "bon, il faudrait que je te laisse"... attendant en vain l'inspiration et le courage qui nous fera écrire ce "bye" si tranché (et redouté). Lequel ne nous permettra pas de rester plus de quelques minutes encore, le temps de répondre à une question dans cette fenêtre, une autre dans cette autre, et d'y recopier le ballet des durs adieux qui encore une fois s'éternisent... Parce que cette première fenêtre, là, tout en haut, dans laquelle on a si bien réussi sa sortie, ça fait bien un quart d'heure qu'elle nous regarde dans le blanc de l'oeil, et criant toujours son "bye" accusateur ! Tout confus, un peu honteux, et plein de repentir, nous voilà donc qui cliquons furtivement sur le terrible bouton de déconnexion. ....Le décompte enfin arrêté, et nous, les bras retombés mollement sur les genoux, les yeux toujours fixés sur l'écran que n'anime plus aucune phrase magiquement reçue d'un "ailleurs" qu'on ignore, il n'y a plus qu'à s'en retourner à la morne réalité d'un monde où "demain" se retrouve toujours trop présent. Ou pas assez, mais ça c'est une autre histoire. Allez ! C'est l'heure d'aller se coucher ! Bonne nuit... :-))
"Parchemin électronique decouvert dans le bassin parisien vers la fin du XXieme siecle."
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